Wadih Sabra

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Un article paru dans l’Orient Le Jour :

https://www.lorientlejour.com/article/1142082/tout-savoir-sur-ce-compositeur-libanais-illustre-et-meconnu.html

Le cinquième volume de la collection Figures musicales du Liban (éditions Geuthner) signée Zeina Saleh Kayali est consacré à Wadia Sabra (1876-1952), le père fondateur de la musique savante libanaise. Il sera présenté au Salon du livre ce lundi 5 novembre, à 17h30, par son auteure, entourée de l’ancien directeur du Conservatoire Walid Moussallem, de la traductrice Dima Rifai et de Carole André-Dessornes, consultante en géopolitique, spécialiste du Proche-Orient et modératrice de cette table ronde, qui sera suivie d’une séance de dédicace.

Wadia Sabra (et non Wadih, car l’auteur a choisi d’orthographier son nom en français comme lui-même le faisait) est un étonnant personnage, précurseur sur un grand nombre de plans : il est le premier Libanais à avoir été se former en France et à avoir appris le langage musical occidental ; le premier Arabe à avoir écrit un hymne national pour l’Empire ottoman ; le fondateur en 1910 de la première école de musique au Liban, qui deviendra, en 1929, le Conservatoire; le premier à composer des opéras sur des livrets en langues arabe et turque ; le premier à avoir fondé une revue musicale, qui hélas ne durera que 4 ans et n’aura pas de successeur ; le premier à avoir fait construire un piano oriental et, enfin, le premier à avoir voulu redorer le blason de la musique arabe.

Catalogue

Wadia Sabra est surtout connu par ses compatriotes pour la composition, en 1927, de « l’hymne national du Grand Liban » (c’est ainsi que la partition originale est libellée de sa main) sur le poème de Rachid Nakhlé Koullouna lil Watan. L’œuvre est présentée devant un jury composé de musiciens et d’intellectuels français et libanais et gagne devant de nombreux concurrents, dont le compositeur oublié Mitri al-Mur sur un texte du poète Chebli Mallat. Mais Wadia Sabra est bien plus que le compositeur de l’hymne national, car il a à son actif un impressionnant catalogue composé de mélodies, opéras, pièces pour piano, orchestre, musique sacrée… Aucun enregistrement de ces pièces n’a été retrouvé et l’ouvrage de Zeina Saleh Kayali a l’avantage de proposer une clé USB sur laquelle le pianiste Georges Daccache et la soprano Marie-José Matar ont gravé une vingtaine de minutes de musique totalement inédite.

La particularité du langage musical de Wadia Sabra est qu’il est le premier (oui, encore le premier!) à avoir utilisé les outils de la musique occidentale (harmonie, contrepoint, fugue, qu’il maîtrisait parfaitement) et à les avoir mis au service de l’âme orientale. En cela, il a ouvert une voie dans laquelle l’ont suivi les compositeurs libanais qui sont venus après lui.

(Pour mémoire : Derrière l’hymne national… le génie musical de Wadih Sabra)

Archives
Mais Wadia Sabra n’est pas uniquement compositeur et pianiste. Il est également l’auteur d’une immense œuvre musicologique et, hanté par l’idée que la musique arabe n’est pas considérée à sa juste valeur, il va essayer tout au long de sa vie de lui redonner ses lettres de noblesse. Avec plus ou moins de succès. Il ira même jusqu’à vouloir démontrer qu’elle est à l’origine de la musique occidentale !

Tous ses travaux, ses conférences, ses cours et ses lettres, ainsi qu’un grand nombre d’archives, photos, programmes de concerts et partitions, véritable trésor national, ont été confiés par les neveux de l’épouse du compositeur au Centre du patrimoine musical libanais (CPML), situé au Collège Notre-Dame de Jamhour, où elles sont précieusement conservées. Ces archives, que l’on croyait perdues depuis le décès de Sabra en 1952, constituent la source principale de cet ouvrage et sont désormais à la disposition des chercheurs et des musiciens.

Afin de comprendre plus précisément le cœur des travaux musicologiques de Wadia Sabra, l’auteure a demandé à un spécialiste de l’échelle musicale, le professeur Saif ben Abdel Razzaq, d’entrer dans le détail de sa pensée et de sa théorie, ce qui a donné lieu à une postface musicologique qui parlera essentiellement aux spécialistes.

Enfin, les sept ouvrages écrits par Zeina Saleh Kayali ces dix dernières années ayant été publiés uniquement en français, l’auteure considère qu’il serait normal que des versions arabes en existent. Pour encourager d’éventuels éditeurs libanais (ou arabes) à se pencher sur la question, elle a résumé son ouvrage en 40 pages et a demandé à Dima Rifaï de traduire ce résumé vers l’arabe

Wadia Sabra (Figures musicales du Liban)
https://www.abebooks.fr/Wadia-Sabra-Figures-musicales-Liban-Postface/30054148309/bd

Consultables au centre du Patrimoine Musical Libanais (CPML)
http://www.patrimoinemusicallibanais.com/pages/details.php?Variable=SABRA%20Wadih

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