Les Pins du Liban en danger đŸ€”đŸ™đŸ˜­đŸ›đŸ•·ïžđŸŒČ🍂💉💊

horsh

(Ci-dessus une photo du parc de Horsh Beirut que je n’ai pas pu visiter justement Ă  cause de la mise en quarantaine des arbres malades…le traitement est en cours).

La mauvaise gestion, le changement climatique, l’Ăąge et la vulnĂ©rabilitĂ© des arbres ont favorisĂ© la prolifĂ©ration d’insectes, qui soit dĂ©ciment la rĂ©colte des pignons, soit tuent les pins.

« La rĂ©colte des pignons a nettement baissĂ© depuis deux ans. Un jeune homme qui louait des terrains forestiers pour rĂ©colter et vendre les pignons m’a demandĂ© rĂ©cemment de lui trouver un job comme portier dans la capitale. C’est vous dire combien les gens d’ici sont affectĂ©s. »

C’est par cet exemple que Habib FarĂšs, prĂ©sident du conseil municipal de Bkassine (caza de Jezzine), dĂ©crit le dĂ©sarroi qui rĂšgne depuis qu’un flĂ©au ravage les belles pinĂšdes de cette rĂ©gion du Liban-Sud. Bkassine comprend l’une des plus grandes et belles pinĂšdes du Liban. « Le bois nous rapportait annuellement autour de 400 Ă  500 millions de livres libanaises de pignons, rĂ©coltĂ©s par des privĂ©s qui louent les terrains, poursuit-il. Cette annĂ©e, la rĂ©colte n’a pas dĂ©passĂ© les 60 millions. Beaucoup de terrains ont Ă©tĂ© gardĂ©s tels quels parce que cela ne valait pas la peine d’y accĂ©der. »

Si, Ă  Bkassine, les pommes de pin sont grignotĂ©es par un insecte ravageur, dans plusieurs localitĂ©s du Metn, ce sont des arbres, attaquĂ©s par un autre nuisible, qui meurent. Hicham Labaki, prĂ©sident du conseil municipal de Baabdate, nous dĂ©crit un phĂ©nomĂšne comparable Ă  celui observĂ© au Bois des pins Ă  Beyrouth (lire L’Orient-Le Jour du 18 mars 2017), oĂč 500 arbres ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© perdus. Certes, Ă  Baabdate, le flĂ©au semble pour l’instant se limiter Ă  quelque 110 arbres des 50 000 que compte le village, mais M. Labaki n’en est pas moins soucieux de mettre un terme au danger. « Nous constatons cette maladie depuis deux ans, dit-il. Cette annĂ©e, le ministĂšre de l’Agriculture nous a recommandĂ© de couper les arbres morts, de les traiter pour tuer l’insecte, puis de les brĂ»ler, afin d’Ă©viter toute contagion. »

InterrogĂ© sur ces « nouveaux flĂ©aux » qui attaquent les pins depuis deux ou trois ans, Chadi Mehanna, directeur du dĂ©veloppement rural et des ressources naturelles au ministĂšre de l’Agriculture, distingue deux insectes qui ravagent actuellement les pinĂšdes, avec des consĂ©quences diffĂ©rentes sur les arbres. « Le premier de ces insectes est le Leptoglossus occidentalis (alias la punaise amĂ©ricaine du pin). Cet insecte est originaire d’AmĂ©rique, mais on dit qu’il serait arrivĂ© Ă  notre rĂ©gion via l’Europe, et il fait dĂ©jĂ  pas mal de dĂ©gĂąts dans des pays comme la Turquie. Chez nous, il aurait dĂ©jĂ  fait baisser la production de pignons de 50 Ă  60 % dans certains rĂ©gions », dit-il. L’insecte en question se nourrit des cĂŽnes encore jeunes qu’il suce jusqu’Ă  les vider de leur substance. À la rĂ©colte, on retrouve donc le cĂŽne entiĂšrement vide. « Nous avons lancĂ© un projet de recherche avec les experts de la FAO, l’annĂ©e derniĂšre, et avons identifiĂ© l’insecte qui pullule depuis peu dans nos forĂȘts, souligne-t-il. Nous avons Ă©galement dĂ©terminĂ© une combinaison de facteurs, notamment en relation avec les longues pĂ©riodes de sĂ©cheresse dues au changement climatique, et avec le fait que les forĂȘts de pins sont souvent ĂągĂ©es et trĂšs denses, donc plus vulnĂ©rables. »

Vu l’ampleur du phĂ©nomĂšne et ses consĂ©quences sociales (comme Ă  Bkassine), le ministĂšre, sur l’avis des experts locaux notamment, a optĂ© pour un traitement chimique ciblĂ© en forĂȘt. « Une premiĂšre campagne pilote a Ă©tĂ© menĂ©e, l’annĂ©e derniĂšre, dans des rĂ©gions de la montagne particuliĂšrement touchĂ©es, prĂ©cise Chadi Mehanna. Nous n’avons pas encore les rĂ©sultats dĂ©finitifs de notre intervention : en effet, mĂȘme si nous avons observĂ© des insectes morts, il faut attendre trois ans pour s’assurer que les cĂŽnes seront rĂ©coltĂ©s intacts, puisque cette rĂ©colte ne se fait que tous les trois ans. »
À Bkassine et dans tout le caza de Jezzine, la campagne de traitement commence le mois prochain, selon Habib Farùs.

Une intervention « chirurgicale »

« Si la punaise amĂ©ricaine du pin vide les pommes de pin de leur substance, un autre insecte condamne Ă  mort l’arbre tout entier. Et c’est bien celui dont on constate la prĂ©sence, au Metn et ailleurs. Cet insecte appartient Ă  la famille des scolytidĂ©s, une sorte de charançon », explique Chadi Mehanna. « Il se nourrit sous l’Ă©corce et finit par affaiblir l’arbre jusqu’au dessĂšchement », prĂ©cise-t-il, ajoutant qu’il y a plusieurs hypothĂšses sur sa soudaine prolifĂ©ration sous nos cieux. « L’attaque a Ă©tĂ© particuliĂšrement sĂ©vĂšre au Bois des pins et elle est constatĂ©e dans certaines rĂ©gions, dans le Metn notamment. L’insecte est d’autant plus virulent que l’arbre est vulnĂ©rable Ă  cause de son grand Ăąge, de la densitĂ© de la forĂȘt, des remblais ou chantiers alentour… » note-t-il.

Pour les arbres trop atteints, il n’y a plus rien Ă  faire. Selon l’ingĂ©nieur agronome, il faut les couper puis les brĂ»ler, afin d’Ă©viter toute contamination. « En raison de l’interdiction des coupes dans les forĂȘts de rĂ©sineux, nous avons souvent dĂ» dĂ©livrer des permis spĂ©ciaux pour permettre d’ĂŽter ces arbres malades, sous la supervision de nos gardes forestiers, bien sĂ»r », dit-il. Pour le reste, le ministĂšre a identifiĂ© l’insecticide chimique qui peut tuer ce charançon. « Des campagnes de dissĂ©mination par voie aĂ©rienne sont hors de question, prĂ©cise Chadi Mehanna. Il faut soit pulvĂ©riser l’insecticide Ă  forte pression sur le tronc de l’arbre touchĂ©, soit l’administrer par voie d’irrigation. Dans les deux cas, il s’agit d’une intervention quasi chirurgicale, afin d’Ă©viter que d’autres espĂšces ne soient dĂ©cimĂ©es par la mĂȘme occasion. »

Selon lui, le ministĂšre compte importer des quantitĂ©s de ce pesticide. « Toutefois, comme il s’agit d’une affaire urgente, nous sommes obligĂ©s de procĂ©der par contrat de grĂ© Ă  grĂ©, d’oĂč la nĂ©cessitĂ© d’un accord du Conseil des ministres », prĂ©cise-t-il. Que faire entre-temps ? « Le produit n’Ă©tant pas trĂšs cher, nous avons encouragĂ© les municipalitĂ©s qui le peuvent Ă  l’acquĂ©rir pour traiter les arbres touchĂ©s, sous notre supervision, dit-il. Mais nous aurons davantage de marge de manƓuvre quand nous en disposerons nous-mĂȘmes. » À Baabdate, la municipalitĂ© a achetĂ© le produit, ainsi que nous le confirme Hicham Labaki. « Nous aurions aimĂ© que le ministĂšre nous fournisse du matĂ©riel spĂ©cialisĂ© afin d’administrer plus efficacement l’insecticide », ajoute-t-il cependant.

Utiliser des insecticides chimiques en pleine forĂȘt quand le problĂšme atteint une certaine ampleur a beau ĂȘtre incontournable, Chadi Mehanna souligne qu’« il faut toujours espĂ©rer que l’Ă©quilibre naturel soit rĂ©tabli dans l’Ă©cosystĂšme forestier, par l’apparition de prĂ©dateurs naturels par exemple, et surtout par l’adoption d’une gestion durable du milieu forestier ».

Une bonne nouvelle pour les forĂȘts !

Une fois n’est pas coutume : il y a bel et bien une bonne nouvelle pour les forĂȘts du Liban. Un insecte surmĂ©diatisĂ©, la chenille processionnaire, qui prolifĂšre depuis des annĂ©es dans les bois de pins, s’est fait plus discret cette saison. Chadi Mehanna, directeur du dĂ©veloppement rural et des ressources naturelles au ministĂšre de l’Agriculture, fait Ă©tat d’une observation : « Du moins, nous n’avons pas comptĂ© deux gĂ©nĂ©rations cette annĂ©e, donc deux Ă©closions. »

Il explique qu’un traitement efficace, effectuĂ© l’annĂ©e d’avant, est Ă  l’origine de ce succĂšs. « La premiĂšre phase du traitement a Ă©tĂ© la dissĂ©mination d’un produit biologique, « Bacillus thuringiensis », sur les forĂȘts Ă  risque, par voie aĂ©rienne, indique-t-il. Ce produit n’est toutefois efficace que sur le premier stade de dĂ©veloppement de l’insecte. Pour les stades plus avancĂ©s, nous avons employĂ© un insecticide chimique, mais sur les alentours des forĂȘts, plus proches des populations, afin de les protĂ©ger des dĂ©sagrĂ©ments causĂ©s par la prĂ©sence de la chenille processionnaire. »

(Source : L’Orient Le Jour – 01 Mai 2017)

Que ce soit au fond des forĂȘts du Liban, dans le seul Horsh de Beyrouth, ou entre les zones rĂ©sidentielles, le pin parasol, connu sous le nom de pin de pierre, est menacĂ©. Et alors que certains pins grippĂ©s prĂ©sentent des symptĂŽmes de branches mourantes, d’autres ont succombĂ© au « Syndrome du cĂŽne sec », laissant les cĂŽnes de pin vides de leur graine lucrative.

Une maladie qui affaisse les branches des arbres, dĂ©colle leurs aiguilles – en les rendant rouges, jaunes ou oranges – avant de les tuer lentement, se propage.

Selon le site Web environnemental Green area, des chenilles qui se nourrissent des aiguilles de pins, plus connues sous le nom de « chenilles processionnaires du pin », sont parmi les principaux agents parasites de cette maladie. Le dĂ©clin du nombre de leur prĂ©dateur, Ă  savoir l’oiseau coucou, permet Ă  leur population d’augmenter, d’étouffer les arbres.

Lorsque les larves des chenilles processionnaires attaquent les pins, elles peuvent les dĂ©former sĂ©vĂšrement, les affaiblir et les rendre plus sensibles aux attaques d’autres insectes ravageurs ou mĂȘme Ă  des maladies, ou encore aux stress environnemental causĂ©s par la sĂ©cheresse ou l’humiditĂ© excessive.

La chenille processionnaire du pin (localement connue sous le nom de Doudet el Sandal ou Jommar), comme sa parente proche, la chenille processionnaires du chĂȘne, tire son nom de son habitude distinctive de se dĂ©placer dans les processions de queue Ă  tĂȘte. Ces vers de terre poilus provoquent Ă©galement des allergies graves et du coup, reprĂ©sentent un risque pour la santĂ© publique car elles ont des milliers de cheveux qui contiennent une protĂ©ine urticante ou irritante appelĂ©e thaumĂ©topeine. Ces cheveux peuvent ĂȘtre soufflĂ©s par le vent et quand ils entrent en contact avec des personnes et des animaux, entraĂźnent des irritations cutanĂ©es douloureuses et plus gravement, des rĂ©actions allergiques chez certaines personnes et animaux.

Bien que les oiseaux de coucou ne soient pas des espĂšces en voie de disparition au niveau mondial, au Liban, ils sont inscrits sur la liste des oiseaux rares. Puisque mĂȘme s’ils ne sont pas considĂ©rĂ©s comme des oiseaux de jeu, les chasseurs libanais les abattent de toute façon, exĂ©cutant fiĂšrement le slogan «si l’oiseau vole, l’oiseau meurt ». Par contre, si les chasseurs choisissent de les manger, ils pourraient ĂȘtre empoisonnĂ©s Ă  cause des chenilles dont ces oiseaux se nourrissent ce qui nĂ©cessitera dans certains cas leur hospitalisation. Donc l’on se demande pourquoi les tuer Ă  la base. Le sport de mettre Ă  mort d’autres espĂšces vivantes reste une Ă©nigme Ă  rĂ©soudre


Les oiseaux de coucou sont insectivores et de ce fait, ils aident les agriculteurs Ă  se dĂ©barrasser des insectes, des vers et des chenilles et ils consomment Ă©galement des espĂšces velues nocives Ă©vitĂ©es par d’autres oiseaux. Comme la plupart des oiseaux insectivores, ils contribuent Ă  rĂ©duire l’utilisation des pesticides.

Aussi, une espĂšce du scarabĂ©e d’écorce attaquent des arbres plus ĂągĂ©s et plus faibles, c’est le cas des arbres a Horsh Beyrouth. Ces scarabĂ©es forment une relation symbiotique avec un certain type de champignons, surmontant les dĂ©fenses chimiques des arbres. Leurs colĂ©optĂšres portent les spores fongiques dans des structures spĂ©ciales, infectant peu Ă  peu et tuant les arbres. Notons que les hivers Libanais plus chauds, provoquĂ©s par les changements climatiques et la montĂ©e des tempĂ©ratures, leur permettent de prospĂ©rer.

Plus les arbres meurent, plus les conditions sont favorables pour les incendies de forĂȘt. Dans ce sens, les colĂ©optĂšres de feu et d’écorce s’enferment dans une boucle de rĂ©troaction malveillante, avec les feux mĂȘmes, qui de ce fait, invitent les colĂ©optĂšres Ă  dĂ©vorer les arbres affaiblis, crĂ©ant du carburant pour les incendies futurs.

Le Liban est dĂ©jĂ  mal Ă©quipĂ© lorsqu’il s’agit de faire face aux incendies de forĂȘt. Avec l’étĂ© au coin de la rue, les ravageurs et les maladies qui affectent les pins doivent rapidement ĂȘtre abordĂ©s.

Aussi, Le dĂ©clin des pins de pierre du Liban a des consĂ©quences au-delĂ  de l’environnement, surtout dans les zones rurales qui dĂ©pendent financiĂšrement des arbres, et ou les noix pommes de pin de ces arbres sont une source de revenu secondaire pour beaucoup.

Selon un groupe d’experts d’ingĂ©nierie Libanais, les piĂšges qui ont Ă©tĂ© mis en place pour les insectes ont vu leur population diminuer d’environ 50 pour cent au cours de l’annĂ©e Ă©coulĂ©e, par contre le taux de perte de forĂȘt de pins n’a pas encore ralenti, avec des chiffres de 2016 marquant le dĂ©cĂšs maximal. Et alors qu’une rĂ©colte d’environ 3 tonnes de cĂŽnes de pin Ă©tait prĂ©vue pour chaque annĂ©e, rĂ©cemment, les rĂ©coltes ne dĂ©passaient plus 250 kilogrammes donc un peu moins de vingt pour cent.

La recherche sur le traitement de Syndrome du cĂŽne sec a commencĂ© rĂ©cemment et il faudra peut-ĂȘtre du temps avant de donner des conclusions prĂ©cises. Pendant ce temps, il est recommandĂ© aux producteurs de pin et aux municipalitĂ©s d’éliminer les arbres morts des forĂȘts afin d’empĂȘcher la propagation des insectes, une intervention soutenue par le ministĂšre de l’Agriculture.

(Source: Libnanews – 26 Mai 2017)

 

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4 réflexions sur “Les Pins du Liban en danger đŸ€”đŸ™đŸ˜­đŸ›đŸ•·ïžđŸŒČ🍂💉💊

  1. Gavroche dit :

    Bonjour,
    Je découvre votre blog.

    Je connais mal le Liban, mais j’apprĂ©cie beaucoup sa cuisine… genre la glace au mastic de Chios, que j’ai dĂ©couvert ce printemps… On est gourmand ou on ne l’est pas … 😉

    Pour lutter contre les parasites, il y a aussi des traitements entiĂšrement biologiques et naturels. par exemple, trouver quels sont les prĂ©dateurs naturels de ces parasites. En Europe, les chĂątaigniers, atteints par une guĂȘpe, sont en passe d’ĂȘtre sauvĂ©s parce que les chercheurs lui ont trouvĂ© un prĂ©dateur.

    Et pour les chenilles processionnaires, pas besoin de produits chimiques : les mĂ©sanges suffisent. Moi qui les nourris tous les hivers, je n’ai plus une seule chenille dans mes pins !
    Cela s’appelle la biodiversitĂ©…

    Aimé par 1 personne

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