Le Zajal – Poésie déclamée du Liban

Le terme zajal est employé, dans les pays du Proche-Orient en général, pour désigner les poésies non classiques, ou les poésies populaires en langues dialectales.

Au Liban, le mot zajalest utilisé pour désigner la poésie populaire traditionnelle qui est souvent chantée.

Ce zajal est « inséparable du folklore libanais dont il est l’expression la plus représentative ».

L’origine du zajal reste ambigüe.

C’est une poésie populaire qui est essentiellement impersonnelle; en l’absence de documents écrits, il est impossible d’en dire les origines, d’en connaître les auteurs véritables.

Au début, vers le Xe-XIe siècle en Andalousie le zajal résulta de la division de la langue arabe en langue classique et langue dialectale; par la suite il s’est répandu dans tous les pays arabes.

Le zajal « andalou »
Le Zajal andalou est souvent défini comme une espèce de poème ou plutôt de chanson populaire, dont l’invention est majoritairement attribuée à Abou-Bakr ibn-Qozman (Abou-Bakr Mohammad ibn-‘Isa ibn-‘abdelmalek- az-Zihrî), de Cordoue, qui mourut en 555. Le zajal est en langue vulgaire, sans désinences grammaticales. Sa versification est fondée non pas sur l’accent rythmique, mais sur le nombre de syllabes, et l’on emploie différents mètres.

Le zajal « libanais »

Les Libanais ont pratiqué le zajal très tôt. Il était connu sous le nom de al-qawl et de al-mu’anna .

Il servait à enregistrer les événements politiques de la montagne, à pleurer un ami, à attaquer un ennemi. « Il était alors utilisé pour décrier éloquemment les responsables et leur lancer des flèches acérées ». Il évolua vers la fin du XVIIIe siècle jusqu’à traiter des soucis de la vie quotidienne.

Nous trouvons ainsi dans un manuscrit décrit par ‘Isa Iskandar al-Ma’lufles incidents survenus au Shuf (région du Mont-Liban) en 1790, réunis par un certain Abi Ibrahim Darwish Mir’i de Qalamûn.

Mais le premier poème libanais de ce genre fut probablement écrit par un certain Slayman Ashlûh (du Liban nord), à l’occasion de la chute des Croisées dans la ville de Tripoli.

C’était en Mai 1289. Dans un vers du poème, l’auteur annonce son nom et celui de son village, il dit: Qayelha shâ’er Ashlûh masknu  mashhûr baynel-wara ismu Slaymên.

Au XVe siècle, un autre poète de zajal, le patriarche Gibrâyel connu par Ibn al-Qilâ’i (mimrê). Nous trouvons une de ses poésies dans un livre de Boutros Gemayel.

Le zajal libanais et le chant syro-maronite.

Un certain nombre de chercheurs et d’auteurs, surtout libanais, considèrent la poésie populaire traditionnelle comme un art indépendant de la poésie classique et y voient l’influence de poésies non arabes, telles que les poésies syriaque, persane, ou autres.

Dans le cas de la poésie populaire traditionnelle libanaise, l’influence de la poésie syriaque est bien claire.

Au niveau du rythme, tout d’abord la poésie syriaque ainsi que la poésie libanaise sont toutes deux syllabiques, leurs mètres sont basés sur le nombre de syllabes et non pas sur le nombre d’accents toniques (longue et brève).

Ensuite, pour ce qui est de la langue, le dialecte libanais est fort influencé par la langue syriaque.

La corrélation étroite du zajal avec les chants liturgiques syriaques est soulignée par plusieurs chercheurs et poètes libanais: « … le zajal était d’abord syriaque, ensuite arabe ».

Les premiers poèmes populaires (zajal) qui nous sont arrivés sont tous composés par des maronites. De plus, la plupart des poètes de zajal sont des maronites.

Cela est dû, peut-être, à la familiarité de ces poètes avec le chant maronite, qui leur donnait la facilité et la méthode de composer selon les mètres syllabiques (qui dépendent du nombre des syllabes), les strophes,… suivis dans le chant syriaque.

Ajoutons que lors des éléctions religieuses d’un patriarche ou d’un abbé, les moines et le clergé se divisaient en deux partis , et la « campagne électorale se faisait en composant des chants les uns contres les autres.

Les textes étaient adaptés sur des mélodies liturgiques maronites.

(source : http://badouh.perso.libertysurf.fr/chantlib.htm )

A lire

http://www.lepoint.fr/culture/le-zajal-une-tradition-poetique-qui-renait-timidement-au-liban-21-12-2010-1277805_3.php

http://www.zadmoultaka.com/spip.php?article126

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